À chacun ses promesses… son expérience… surtout son expertise!
Peu importe le domaine, la capacité de livrer la marchandise est tout ce qui compte. Tous et toutes ont la capacité d’inventer, d’improviser et de faire des promesses mais comment reconnaître le réel du charlatan? Et c’est là que le bas blesse. Une expérience récente me fait réfléchir à toute la question de perception, discours, preuve et objectif. Ma situation fait référence à une collaboration immobilière et je dis collaboration parce que la relation entre le vendeur et le courtier est une danse plus complexe que je ne la croyais au tout début de notre aventure. Je vous explique.
Nos besoins, les promesses et notre analyse
Un de mes dictons est : je ne peux pas savoir ce qui me manque parce que je ne sais pas ce que je ne sais pas. Et voilà pourquoi nous faisons tous appel à des pros! Eux le savent, c’est leurs expertises, leurs emplois et de plus, dans l’immobilier, ils réussissent seulement s’ils parviennent à nous livrer notre objectif, qui est de vendre la maison. Donc, pourquoi faire des promesses ou travailler moins fort, si ton revenu, ta réputation et ton existence en dépend? C’est une question qui nous a hantés suite à plusieurs rencontres avec différents courtiers.
Ils ne sont pas tous pareils. Certains ont des preuves de succès et pas juste un, mais une série qui démontre une technique gagnante. D’autres démontrent de la détermination, professionnalisme et proximité qui facilite le lien de confiance. Et je dirais qu’il existe aussi la combinaison des deux sans réelles preuves à jour parce qu’ils en sont dans leurs débuts à percer et vraiment établir leur marque et branding personnel. Tout ça est noble, mais gare aux « gros parleux et petits faiseux ».
Comme dans tous les domaines, l’intention peut être grande mais sans plan d’action concret, travail acharné incluant une analyse personnelle des capacités réelles, les résultats peuvent être un peu à beaucoup sous la barre.
Et comment ceci diffère de la politique?
Seriez-vous surpris si je vous disais qu’à mes yeux, il n’existe aucune différence? La politique regroupe les mêmes styles de personnages, peu importe le palier. Ils utilisent les mêmes outils : affiches, médias sociaux, travaillent indépendamment ou avec une équipe. Et les personnages se ressemblent aussi.
Sur scène, nous avons d’abord ceux qui cumulent expérience, capacité et résultats, le tout enveloppé dans un branding hors pair. On parle ici des Régis Labeaume et des Naheed Nenshi de ce monde, ces têtes d’affiche qui marquent l’imaginaire collectif.
Ensuite viennent les personnages du milieu de peloton. Ils performent bien, comprennent les enjeux, poussent des dossiers importants dans leur sphère d’intérêt sans tout brasser. Ils fonctionnent bien, ont bonne réputation et livrent la marchandise, mais en plus petite quantité. Les gens leur font confiance et ils font une très bonne carrière, sans atteindre les sommets de la première catégorie. On pourrait penser à ces maires et conseillers de villes de taille moyenne qui, mandat après mandat, équilibrent les budgets, améliorent les services et tiennent le fort sans jamais devenir des vedettes politiques. Aussi à des conseillers et des conseillères comme Denise Laferrière, qui a représenté pendant plusieurs mandats le district de Hull à Gatineau. Conseillère expérimentée, présidente de comités importants comme celui de la famille, très active sur les dossiers, elle a marqué la vie municipale par son travail soutenu plutôt que par un culte de la personnalité. C’est ce type de profil : présent, constant, profondément engagé dans ses dossiers, mais qui ne devient jamais une vedette politique à l’échelle nationale.
Il est important de mentionner les novices, les personnes qui portent un regard interrogatif presque continuellement. La lumière aveuglante des autres acteurs sur scène crée un regard plissé pendant la majorité des interactions. Ce qui les sauve est l’espoir de faire mieux et surtout de ressortir du lot en présentant plus d’intégrité, d’honnêteté et d’espoir. Le vouloir et le drive animent ces nouveaux visages; avec le temps, ils finissent soit par grimper dans une autre catégorie, soit par s’effacer. On peut faire référence à ceux qui arrivent des autres secteurs et qui n’ont jamais eu de lien avec le monde politique. Parfois ils paraissent craintifs ou muets, les élus sans parole et très maladroits devant les médias. Il faut leur donner une chance, après un certain temps ils prennent de l’assurance et se joignent à une autre catégorie s’ils ne quittent pas d’eux-mêmes.
Finalement, il y a la catégorie des aspirants. Ici, la scène est parfois sanglante et certainement pas faite pour les doux et les naïfs. Dans cette catégorie, on vise clairement les premiers rangs. On travaille avec acharnement pour faire sa place, faire ses preuves, se former et multiplier les contacts afin de préparer le grand bond.
Ces aspirants savent qu’il existe une sorte de “mappe” qui explique comment les autres réussissent : comment livrer la marchandise, comment se préparer et, surtout, comment vendre sa salade. Par contre, ils ne maîtrisent pas encore complètement la lecture de cette carte. Ils observent donc attentivement les premiers de classe, suivent de près chacun de leurs gestes et reproduisent, une à une, les étapes qui semblent mener au sommet. Très perceptifs, ils exécutent exactement ce qu’il faut pour se hisser dans les premiers rangs, mais, bien souvent, il leur manque encore quelqu’un qui leur donne une vraie chance pour révéler tout leur potentiel. On a tous en tête des figures qui ont commencé comme aspirantes, avant de détrôner une grosse pointure. Pensons à Valérie Plante, qui, après seulement quelques années comme conseillère, a réussi à battre le maire Denis Coderre archi‑connu à Montréal. C’est exactement ce profil : quelqu’un qui étudie les codes, fait le travail de terrain, puis finit par surprendre le favori au soir du scrutin. Cruel, mais plusieurs n’y arrivent pas – comme Mario Aubé ou moi-même en 2017 à Gatineau.
La différence entre la politique et le domaine du courtage immobilier est l’opportunité d’y demeurer et continuer à travailler vers nos objectifs. En politique, certains ex-maires ne réussissent pas leur retour, d’autres reviennent dans un autre rôle.
Le gagnant devrait toujours être le client
En bout de ligne que ce soit en politique ou dans l’immobilier, le gagnant doit toujours être celui que l’on sert. Le vendeur veut vendre et doit chercher le meilleur pour faire cette tâche. Et le citoyen veut une représentation à sa hauteur et il doit voter pour le meilleur candidat ou candidate. Dans mon cas, je vais signer avec la pointure qui, à mon idée, est dans la meilleure position pour me donner le résultat que je cherche.
Lorsque les élections provinciales, fédérales et municipales viendront, je vais regarder avec intérêt qui sont les nouveaux, les fidèles, les grosses pointures et les ambitieux. Il ne me restera qu’à identifier qui sera en meilleur posture pour livrer le résultat auquel je m’attends.
Sylvie
