Aimer sa ville, c’est voter pour elle à tous les paliers

Aimer sa ville, c’est voter pour elle à tous les paliers

Politique 101 – L’arène qu’on oublie

Une des activités qui me plaît énormément est d’écouter les conversations aux tables avoisinantes à la mienne, lorsque je suis au restaurant. On apprend beaucoup plus en écoutant qu’en parlant.

Je remarque des points communs entre différents groupes de citoyens peu ou pas politisés. La lecture des grandes lignes d’un article, et non du contenu au complet. Le manque de connaissance du système. Et surtout, comment l’allure d’un candidat peut être une des plus grandes influences sur l’opinion du public.

Et d’où viennent toutes les préconceptions de la grande majorité de la population, lorsque le commun d’entre nous confond les paliers gouvernementaux et le niveau de satisfaction?

Le palier fédéral – le spectacle le plus suivi

Politique 101 débute avec le palier fédéral. Il faut avouer que c’est le palier le plus excitant en ce moment, surtout avec le retour du président Trump à la Maison-Blanche depuis 2025 (ou du moins, dans l’actualité).

Nous sommes tellement engagés avec l’idée de ne pas aimer — ou d’idéaliser — la forme d’autocratie présidentielle, qu’on en oublie l’importance de nos élections municipales.

À ce niveau, on discute :

  • d’immigration ;
  • de sécurité nationale ;
  • de la poste (même si elle est en grève, ou non) ;
  • d’économie ;
  • de relations internationales ;

et de plusieurs sujets qui nous touchent très peu, sauf :

  • l’impôt ;
  • la pension de vieillesse ;
  • et, dans cette région du pays, la capitale nationale fédérale ;
  • ainsi que le maintien des postes et avantages de la fonction publique… et j’en passe.

C’est probablement le niveau le plus facile à suivre et le plus captivant, excitant, celui qui capte l’attention du public massivement. La preuve? Le taux de participation aux élections.

Le palier provincial – un peu plus près, mais toujours “l’autre”

Le prochain niveau est celui du provincial. Toujours intéressant, surtout lorsque des premiers ministres comme Doug Ford réussissent à faire réagir le premier magistrat d’un autre pays. Dernièrement, il a même payé une vidéo publicitaire mettant en vedette l’ancien président Ronald Reagan, pour dénoncer les tarifs américains. Ce n’est peut-être pas son rôle dans un monde “normal” — mais disons-le franchement : on est loin d’un monde traditionnel qu’on reconnaît. Ce que le premier ministre de l’Ontario fait est exactement ce qu’il devait faire pour protéger ses concitoyens. Les manufactures de plusieurs industries dans sa province sont en danger : pertes économiques, pertes d’emplois et fermetures.

Parfois, il faut sauter dans l’arène d’un autre palier pour corriger ou déstabiliser les adversaires. Et disons-le franchement : nos voisins du Sud jouent de moins en moins dans la même équipe que nous. Mais nous voilà encore branchés devant les médias à suivre tous les paliers gouvernementaux… sauf nos élections municipales. Ces paliers, bien qu’éloignés de notre quotidien, captent plus facilement l’attention du grand public que celui des villes.

Le gouvernement provincial s’occupe généralement :

  • de la santé ;
  • des ressources naturelles sur son territoire ;
  • du développement économique de la province ;
  • de l’éducation ;
  • des accords et relations interprovinciales ;
  • des municipalités ;
  • de la sécurité publique… et j’en passe.

C’est un autre palier qu’on aime suivre, parce qu’il est toujours plaisant de chialer sur ce que M. Legault a fait — ou pas fait — et ce qu’il aurait dû faire! Et c’est un droit que la majorité d’entre nous exerce.

Et soyons honnêtes : on aime chialer… mais on peut se le permettre parce qu’on a voté. Le taux de participation aux urnes est habituellement élevé au provincial, selon les tendances observées. Mon opinion? Tu ne votes pas, tu ne chiales pas.

Voici un aperçu des taux de participation (électeurs inscrits) – Élection fédérale 2021:

Province / territoire

Taux de participation (électeurs inscrits) — élection fédérale 2021

Canada (moyenne nationale) environ 62,2 % (Wikipédia) Île-du-Prince-Édouard ~ 72,8 % (Élections Canada) Québec ~ 64,0 % (Wikipédia) Ontario ~ 61,4 % (Wikipédia) Alberta ~ 62,9 % (Wikipédia) Colombie-Britannique ~ 61,2 % (Wikipédia) Nouveau-Brunswick ~ 65,2 % (Wikipédia) Nouvelle-Écosse ~ 64,6 % (Wikipédia) Territoires / autres (Nunavut, Terr. du Nord-Ouest, Yukon) variations plus faibles (ex. Nunavut ~ 29,4 %) (Wikipédia)

Tableau 2 – Participation municipale (2021-2022) Comparatif rapide : participation municipale (2021-2022) • Montréal : 38,3 % • Toronto : 29 % • Vancouver : 36,4 % • Calgary : 46,4 % (Sources : Élections Montréal, Élections Toronto, Vancouver.ca, Calgary.ca)

Et pendant que les citoyens se passionnent pour les élections fédérales, ils désertent les urnes municipales — où la participation tombe souvent sous les 40 %

Le municipal : le parent pauvre, mais le plus proche

Après tout ça, il reste un petit espace dans le monde médiatique traditionnel ou social pour le municipal. La preuve en chiffres : lors des dernières élections fédérales, les taux de participation dépassent souvent 60 %, tandis que les élections municipales peinent à franchir la barre des 40 % dans plusieurs régions.

Une des plus grandes conversations publiques qui affecte le municipal, c’est l’itinérance : ce qu’elle coûte, qui devrait s’en occuper, qu’est-ce qu’on fait avec ce monde-là, et qui devrait payer pour tout ça. Un sujet loin des lèvres avant que l’économie canadienne (gérée par le fédéral) et la santé mentale (gérée par le provincial) ne soient en désarroi.

Non pas par la faute des conseils de ville, je dis bien. Mais maintenant, les municipalités sont obligées d’inclure ces sujets, liés aux autres paliers gouvernementaux, dans leurs débats de ville.

Mais ce n’est pas un sujet « sexy », l’itinérance. Ni les taxes, ni l’eau, ni les surverses, ni les déversements, ni les eaux usées, ni les vidanges, le compostage, le recyclage qui fonctionne (ou pas) et finalement le pavage des routes à vaches qui se multiplient au Québec, tout comme les responsabilités provinciales transférées sans argent aux villes.

La ville a la charge de tellement d’éléments à cette époque moderne qu’il est difficile de tracer la ligne sur ce qui relève exactement de son rôle.

Il n’est donc pas surprenant que le groupe de citoyens qui jasent le dimanche matin au Patio Vidal blâment leur maire ou leur mairesse pour :

  • les tentes dans les boisés,
  • les campements au bord des autoroutes et dans les parcs,
  • le « trop d’immigration » ou le « pas assez d’intégration »,
  • la pénurie de travailleurs,
  • et même l’odeur du party des voisins qui traverse la clôture, forçant les parents à rentrer les enfants.

Le désintérêt qui fait mal

Rien de plaisant avec la politique municipale aux yeux des concitoyens. Et rien ne va changer parce que le candidat ou la candidate met trop — ou pas assez — du budget à régler des problèmes issus et créés par les autres gouvernements.

Et la tendance aux urnes appuie ces propos :

  • au Québec comme ailleurs au Canada, le pourcentage de gens qui votent est à la baisse,
  • le nombre de personnes qui se présentent comme candidats est à la baisse,
  • et les deux seules choses à la hausse sont l’insatisfaction et la colère.

Cette insatisfaction se transforme en abus et agressions sur les médias sociaux envers ceux et celles qui tentent ardemment d’apporter des changements. Pendant ce temps, le pourcentage d’élus qui démissionnent en cours de mandat ne cesse d’augmenter, année après année.

La solution? La connaître.

Comprendre que le municipal est responsable de :

  • l’entretien des infrastructures municipales,
  • le déploiement de la culture dans la ville,
  • les règlements d’urbanisme,
  • payer pour les services de police (sans en être les patrons),
  • payer pour les services d’incendie,
  • réserver des terrains pour les écoles,
  • le développement économique local,
  • les taxes,
  • la gestion des eaux, des vidanges, du déneigement et des autres entretiens civils… et j’en passe.

Vos élus ont besoin de vous. De votre appui. De vos suggestions. Et surtout, de votre vote.

Et si, cette fois, on battait le taux de participation de la dernière élection municipale? Un simple X peut tout changer. Le 2 novembre, il est important de prendre un moment pour trouver notre qualité de vie n’est pas seulement intéressante — elle est essentielle..

— Sylvie

Entreprise

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